Présentation
Lorsqu’on lit sur le Liban dans l’histoire et qu’on prend conscience
de son passé intellectuel prestigieux, et de son apport culturel
pour l’humanité - Byblos, où l’alphabet fut inventé;
les explorations maritimes des phéniciens et leurs comptoirs
tout autour de la Méditerranée; les épopées
prestigieuses des villes phéniciennes de Tyr (Sour) et Sidon
(Sayda) où le Christ s’est arrêté, Beryte, devenue
Beyrouth, capitale du pays, " Mère des lois " (Legum Mater)
dans l’empire romain, les Cèdres bibliques, les psaumes et
le Cantique des Cantiques où le Liban est souvent évoqué
- on s’attend à trouver un pays grand comme la Russie, le Canada
ou l’Australie.
Ceux ou celles qui n’ont jamais vu le Liban sur une carte géographique
auront une petite surprise! Munissez-vous d’une loupe et d’un peu
de patience, car il faut le chercher. Il est grand comme le quart
de la Suisse ou un petit département français... Mettez
un haricot dessus, vous ne le verrez plus !
Le Liban est composé d’une bande côtière très
étroite et d’une double chaîne montagneuse. Il mesure
entre 220 à 250 km de long, et 40 à 70 km de large,
avec une superficie de 10’170 km. Il est entouré au Nord et
à l’Est par la Syrie, à l’Ouest par la mer Méditerranée,
et au Sud par Israël. Si la Suisse est le château d’eau
de l’Europe, on peut dire que le Liban est le château d’eau
de la région... (Nul n’ignore l’enjeu stratégique des
ressources hydrauliques et leurs conséquences économiques
et politiques au Proche-Orient...).
Malgré tous les dégâts causés par dix-sept
ans de guerre, une partie non négligeable du Liban reste couverte
par des forêts, de pins notamment. La densité de la population
est élevée : environ 300 habitants au km2.
Le Liban regroupe plusieurs microclimats,
chose étonnante étant donné l’exiguïté
du territoire: Grandes chaleurs humides le long de la région
côtière, à deux pas des cimes enneigées
des montagnes qui culminent à plus de trois mille mètres,
et climat continental sec de la plaine intérieure de la Békaa
qui sépare les deux chaînes montagneuses (le Mont Liban,
à l’Ouest, l’Anti-Liban à l’Est). On peut passer d’un
climat à un autre en l’espace d’une demi-heure en moyenne.
Cette diversité permet une culture fruitière variée
(bananes, mangues, raisins, oranges, pommes, poires, pêches,
cerises, fraises, melons, pastèques, abricots, amandes, noix,
etc...).
Le Mont Liban est la colonne vertébrale
du Liban. Long de 170 km, large de 45 km, il occupe la plus grande
partie du pays. Ses sommets, situés entre mille et trois
mille mètres d’altitude, comptent parmi les plus élevés
du Proche-Orient. La position géographique du Liban fait
de lui un carrefour de cultures et de civilisations et une plaque
tournante entre trois continents : l’Afrique, l’Europe et l’Asie.
Son emplacement géographique, sa richesse en eau, ses montagnes
dominant le Proche-Orient, son ouverture sur la Méditerranée
et son climat tempéré, lui donnent une haute importance
stratégique, économique, politique et militaire. C’est
pour cela qu’il a été le lieu d’un brassage d’une
multitude de civilisations et de cultures, et qu’il a suscité
des ambitions d’hégémonie de plusieurs puissances
dans l’histoire et aujourd’hui encore. Cela d’autant plus que les
habitants de ce petit pays n’ont jamais été guerriers
ni conquérants, mais un peuple accueillant, ouvert, attiré
par les contacts humains, le commerce, les découvertes, et
les inventions.
Une succession de dominations
Tiraillé au cours du troisième
millénaire avant J.C par les Amorites et les tutelles égyptiennes
et mésopotamiennes, le pays est successivement conquis par
les Hittites, les Peuples de la Mer, les Néo-Babyloniens
et les Perses, les Grecs avec Alexandre le Grand, puis les Romains,
les Byzantins et les Arabes musulmans, les Touraniens, les Croisés,
les Mamelouks d’Egypte, les Turcs ottomans… et la liste continue,
aujourd’hui encore… Une seule constante objective ressort de cette
dynamique de l’histoire : tous ses conquérants ont disparus
mais le Liban vit encore. |