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Les réserves naturelles au Liban

Le Liban compte 8 reserves naturelles : 6 forets et 2 sites marins qui conjuguent une grande beaute et une remarquable biodiversite mais qui, pour la plupart, ne beneficient pas encore d'un vrai programme de gestion faute de financement adequat.

Les voici, du Nord au Sud :


Karm Chbat (Akkar, Liban-Nord)


Derniere nee des reserves naturelles au Liban, Karm Chbat vient d'etre creee par decision ministerielle. Vos informations a ce sujet sont les bienvenues.


Les iles des Palmiers (Tripoli, Liban-Nord)


Ce groupe de petites iles au large de Tripoli ne sont plus habitees, mais des restes de poterie, un puits d'eau fraiche, d'anciennes salines et une eglise construite au temps des croises sont les preuves de la colonisation humaine passee. On y accede en bateau (30') a partir de Mina.

Le site est forme de 3 iles : Sanani (4 ha), Ramkine (1,6 ha) et l'ile des Palmiers (20 ha). La reserve a ete proclamee "zone mediterraneenne specialement protegee" dans le cadre de la Convention de Barcelone, et "zone importante pour les oiseaux" par " Birdlife ". Les belles plages des iles sont un lieu de ponte pour les tortues de mer. Les phoques-moines, espece tres menacee, recommencent a visiter le site et pourraient s'y retablir un jour. Certaines parties de la reserve sont ouvertes au public durant l'ete. Mais le reste de l'annee, elle redevient un sanctuaire pour les merveilles de la nature.

Horch Ehden (Liban-Nord)


Cette typique foret mediterraneenne a plus de 1500m d'altitude detient la palme de la biodiversite. Les cedres y cotoient les sapins de Cilicie, les genevriers et les chenes de toutes sortes... Ce site de plus de 1000 ha, dont quelque 450 boises, comporte 1030 especes vegetales (40% de toutes les especes trouvees au Liban) dont 10 endemiques du site, 100 dont le nom porte l'adjectif "libanais ", 75 plantes medicinales et 39 especes d'arbres (dont les derniers pommiers sauvages au Liban). Il compte aussi 26 especes de mammiferes, 157 especes d'oiseaux, 300 de champignons, 200 de reptiles.


Foret de cedres de Tannourine (Liban-Nord)


Tannourine n'est rien moins que la plus grande foret de cedres qui reste au Liban (1205 ha). Reserve naturelle depuis 99, la foret de Tannourine beneficiera bientot d'une aide du PNUE qui permettra d'y instaurer un systeme de gestion et de controle ainsi q'une infrastructure adequate pour l'accueil des visiteurs.


Ce site a longtemps souffert des attaques repetees d'un insecte inconnu jusqu'alors, et qui a represente une menace tres serieuse pour la vie des arbres. Les campagnes de pulverisation menees par le ministere de l'Agriculture en collaboration avec la FAO ont porte leurs fruits, mais le phenomene reste largement inexplique et la crainte de voir resurgir l'insecte ravageur n'a pas disparu.


Le jurd de Yammoune (Baalbeck, Bekaa)


La region de Yammoune est principalement formee d'une zone aride, parsemee de genevriers tres anciens qui constituent sa particularite. Une autre caracteristique de cette reserve de 2100 ha environ, sont les poissons endemiques du Liban, les " Phoxinellus libani ", devenus extremement rares, que l'on trouve dans ses cours d'eau.


Pinede de Bentael (Byblos, Mont-Liban)


Sur les hauteurs de Byblos, a quelques coudees de la mer, la pinede mediterraneenne typique de Bentael occupe 228 hectares d'un versant tres incline. Si elle n'a ete classee reserve naturelle qu'en 1999, elle n'en constitue pas moins la region protegee la plus ancienne du Liban, car c'est en effet depuis 1981 que les habitants de la region ont entame une initiative populaire de protection de leur belle foret. Un bel exemple de sensibilisation ecologique collective. Faute de programme de gestion et de financement, cette reserve ne beneficie d'aucune infrastructure pour l'accueil des visiteurs.


Cedres du Chouf (Mont-Liban)


De toutes les reserves du Liban, celle des cedres du Chouf (plus de 15 000 ha) est la plus vaste. C'est egalement celle qui beneficie de la meilleure infrastructure pour l'accueil des visiteurs : sentiers de differents niveaux de difficulte, bureau d'information, panneaux explicatifs, petit musee, centre culturel pour les jeunes, vente de produits du terroir.


La reserve des cedres du Chouf constitue la limite sud de la presence du " Cedrus Libani " dans le monde. Elle comporte six forets principales dont trois particulierement remarquables: Barouk (400 ha), Maasser Echouf (6 ha) et Ain Zhalta (100 ha). On y a recense 200 especes d'oiseaux dont 19 en danger, 26 especes de mammiferes dont 6 menacees, 524 especes vegetales dont 32 portent l'adjectif " libanais ", 160 especes d'arbres dont 6 en voie de disparition, 30 endemiques du Liban et plus de 60 caracteristiques des pays de la region.


Plage de sable de Tyr (Liban-Sud)


Le classement de la plage de sable de Tyr (1998) a sauve de l'urbanisation massive l'une des dernieres belles parties du littoral libanais. Mais si le danger du beton a ete ecarte, cafes, parkings et divers types de dechets proliferent le long de la plage.


La reserve de Tyr est un sanctuaire pour les oiseaux migrateurs. Elle compte plusieurs especes endemiques et elle abrite un grand nombre d'animaux en danger comme la tortue de mer qui, heureusement, esquisse un retour sur ce site.


Dans le prolongement de la plage se trouve la fameuse source de Ras al-Ain, utilisee pour l'irrigation depuis l'epoque des Pheniciens. On y trouve encore des piscines romaines. A l'endroit ou l'eau douce rejoint l'eau de mer, une zone tres riche en especes marines s'est developpee.


Un autre site, les marecages de Ammick, se trouve a proximite. Son classement en reserve naturelle est sur le tapis depuis longtemps, mais il attend le vote de la nouvelle loi qui permettra la protection des proprietes privees. Ce site est d'une importance internationalement reconnue (notamment par la Convention Ramsar pour les zones humides, par " Wetlands International " et par " Birdlife "), non seulement pour sa grande beaute ou pour le fait qu'il contienne les seuls marecages restants du Liban et du Proche-Orient, mais parce qu'il constitue un passage oblige pour un grand nombre d'oiseaux migrateurs.

Toufic Abichaker
ABICHAKER@aol.com