Accueil
Introduction
Vie quotidienne
Culture
Gastronomie
Tourisme
Cours d'arabe
Liens/Adresses
Contact







Savoir et corruption

L’université de Shanghai a établi un classement des 500 meilleures universités du monde.

Aucune université libanaise n’y figure (je vous étonne !). Aucune université arabe non plus : Le Caire, Tunis, Riad, Amman, Rabat… Rrien ! Triste confirmation de ce que nous savons déjà.

Ce classement, fruit d’un travail de deux ans, est basé sur plusieurs indicateurs de performance académique, telles que le nombre de lauréats du prix Nobel, le nombre de chercheurs les plus fréquemment cités ces 10 dernières années, les articles publiés dans les revues scientifiques spécialisées, la qualité de l’enseignement dans les différentes facultés, etc.

Il va sans dire que les premières places du classement sont toutes occupées par des établissements américains et britanniques. En effet, Harvard, Stanford, Berkley, MIT, Princeton,Yale, Oxford et autres vénérables temples anglo-saxons du savoir moderne tiennent la dragée haute aux universités du Vieux continent, car il faut bien descendre jusqu’à la 65e place pour voir apparaître la 1ère université française (Paris VI) et il faut plonger encore jusqu’à la 200e place pour l’université autonome de Madrid et au-delà de la 350e place pour voir enfin poindre l’université de Lisbonne.

Et la Suisse ? Un grand cocorico. Sur les 25 premières universités du monde, seules deux ne sont pas anglo-saxonnes : l’université de Tokyo et l’école polytechnique de Zurich. Ainsi la Suisse se place bien avant la Suède (39e), l’Allemagne (48e) et l’Italie (70e).
(Pour la liste entière voir ed.sjtu.edu.cn/ranking.htm)

Néanmoins, le Liban n’est pas en reste, mais dans un classement d’un tout autre genre ! En effet, dans son dernier rapport sur l’Indice de perception de la corruption dans le monde, Transparency International classe le Liban à la 80e place, avec un triste score de 3 sur 10.

Transparency International, est une ONG basée en Allemagne, avec plus de 80 sections nationales de par le monde. Elle a mis au point un indice qui permet de mesurer, au moyen de sondages et diverses enquêtes, la perception qu'ont les hommes d'affaires, les chercheurs et les analystes des risques de corruption dans le secteur public. Ses recherches se limitaient à 52 pays en 1997. Elles s’étendent désormais à 133 pays. La Finlande, l’Islande et le Danemark caracolent en tête de la liste des « non pourris », avec des scores supérieurs à 9,5 sur10 (suivis de très près par la Suisse), tandis que le Bangladesh, le Nigeria et Haïti forment le trio des « pays les plus corrompus » avec des scores inférieurs à 1,5 sur 10.

(Pour le rapport complet voir www.transparency.org)

En quelque sorte, ce rapport montre que la corruption est inhérente à la société humaine. Mais dans certains pays, après que les responsables se soient servis dans les deniers publics, il reste tout de même un petit quelque chose pour la recherche, l’éducation et l’innovation. Dans d’autres, les poches des dirigeants semblent être si profondes que tout le pays y passerait sans qu’elles ne soient remplies. Certes, les causes de la corruption sont multiples et complexes, mais n’y aurait-il pas une petite corrélation entre le classement des meilleures universités et la liste des pays les plus pourris du monde ?

Toufic Abichaker
ABICHAKER@aol.com