Le taboulé
La cuisine traditionnelle a une caractéristique commune
à une multitude de pays : elle est souvent simple, naturelle,
saine et communautaire. Simple, comme la raclette ou le rösti
: du fromage et de la pomme de terre ! Naturelle, c’est à
dire sans produits artificiels ou chimiques, sans transformation
industrielle. Saine, oui, mais comme pour chaque chose, il faut
éviter les excès. Ceux qui ont des prédispositions
au cholestérol et aux triglycérides n’ont pas intérêt
à consommer la raclette souvent. Communautaire, avant tout
! Imaginez une raclette qui se mangerait par une personne seule
! Ce ne serait que du fromage fondu, mais pas une raclette ! Il
faut être à plusieurs pour la manger, et pour la
préparer, car la cuisine et le repas sont des moments "
humains " dans le sens fort du terme, une rencontre où
l’esprit est aussi un partage privilégié ! Ainsi
soit-il pour la cuisine libanaise ! Ce serait une hérésie
totale de préparer un taboulé libanais pour une
seule personne ! Ce n’est pas un hamburger ou un hot dog ! Donc
il faut le préparer " pour plusieurs " et " à plusieurs
".
Ainsi donc après cette introduction édifiante, voilà
comment on prépare un " véritable " taboulé
libanais. Car ceux qu’on voit dans les magasins et les grandes
surfaces, je regrette, mais ils n’ont aucune parenté proche
ou lointaine avec notre sujet...
Bien qu’on ne fixe pas le nombre de personnes en préparant
la cuisine libanaise (qui en fait pour 4 en fait pour 6, et si
ce n’est pas assez on partage), voici une recette pour 4 personnes
pour le taboulé, tout en sachant que les goûts sont
différents. La recette ci-dessous reste à titre
indicatif. Dans tous les cas, il faut beaucoup plus de légumes
que de Bourgoul, faire fort et bien assaisonné (citrons,
sel, huile, oignons...).
Recette : Après les avoir
lavées, couper 6 bottes de persil romain (plat) (oui, j’ai
dit 6 bottes...) hacher mais pas trop fin. Couper fin " avec forces
larmes... " 2 gros oignons, saler et poivrer (poivre doux) les
oignons; un bol de graines de blé concassé qu’on
appelle " Bourgoul " et qui n’a rien à voir avec la semoule
pour le couscous. (Comme c’est souvent le Bourgoul gros grain
qui est disponible dans le marché, laver puis ramollir
dans l’eau pendant une heure à l’avance environ. Si c’est
le Bourgoul fin, pas besoin.) Arroser le Bourgoul d’une grosse
tasse d’huile d’olive pressée à froid et de 4 citrons
pressés, avec 6 tomates hachées fins. Couper feuilles
de menthe et de basilic (pas les tiges), bien saler l’ensemble.
Bien mélanger.
Marcel Akiki
Docteur en musicologie et fin gastronome
amarcel@inco.com.lb
